[Indonésie] Plongée

Comme nous l’expliquions dans l’article précédent, Sanur était notre point de chute pour nos excursions de plongée. Nous avions prospecté à l’avance pour nous assurer de plonger avec un club offrant de bonnes conditions de sécurité et nous avions jeté notre dévolu sur BaliBerty (à ce jour toujours aussi bien noté sur TripAdvisor)

A notre arrivée à Sanur House, Renaud est venu nous rejoindre pour nous expliquer le déroulement des prochains jours. Expatrié français à Bali avec sa compagne Alice, nous avons apprécié de pouvoir nous affranchir de la barrière de la langue et communiquer aisément avec notre instructeur.

Pour mieux comprendre le déroulement de nos plongées, il faut savoir qu’il existe plusieurs « écoles » de plongée, dont notamment : la FFESSM (Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marin) et le PADI (Professionnal Association of Driving).
La première est une fédération sportive à la française, avec tout ce que ça implique de sérieux, d’assiduité dans la pratique en club et de progression encadrée. La seconde n’est pas moins sérieuse mais est beaucoup plus facile d’accès puisqu’on peut obtenir un niveau 1 pour plonger sans instructeur en seulement 3 jours. Inutile de vous préciser qu’aucun club de plongée un tant soit peu sérieux ne vous laissera réellement plonger seul après avoir tout juste obtenu un PADI niveau 1 😛 Mais ce système permet d’être opérationnel très rapidement, et c’est pourquoi la majorité des clubs de plongée autour du monde proposent surtout du PADI.

Bigfoot avait déjà un niveau 2 FFESSM de plongée mais était partant pour passer le niveau 1 PADI avec moi, qui n’avait jamais plongé. 

Jour 1 : piscine

Après une soirée passée à visionner les vidéos fournies par Renaud pour se familiariser (ou se remettre à jour, dans le cas de Bigfoot) avec le monde de la plongée, nous embarquons dès le lendemain en voiture, direction Tulamben.

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Après quelques heures de route, nous arrivons à notre hôtel et à peine nos bagages déposés dans la chambre, passons en revue le matériel et démarrons les exercices pratiques.

Il y a toute une série de compétences qui sont demandées et pratiquées une première fois en piscine, avant de devoir être à nouveau validées en mer.
Nous voilà donc à simuler la perte de notre détendeur (l’outil qu’on a en bouche et qui nous permet de respirer), à le retrouver, le vider et respirer à nouveau dedans, à devoir enlever puis remettre notre gilet et la bouteille d’air sur notre dos, à vider notre masque rempli partiellement ou complètement d’eau…

Je m’en sors étonnamment bien, même si la rapidité de la formation fait que je ne comprends pas toujours très bien ce que je fais.

Les exercices se poursuivent après la pause déjeuner et nous terminons la journée par un peu de théorie en revenant sur les grands principes de la plongée que nous avons vu dans les vidéos la veille.
Il y a quelques règles de physique élémentaire qu’il est bon d’avoir en tête pour comprendre ce qu’on doit faire ou ne pas faire en plongée. L’une des plus importantes est le fait que plus on descend profond, plus l’air est soumis à une pression forte et moins il prend de place dans nos poumons. Inversement, lorsqu’on remonte la pression diminue et l’air prend davantage de place. D’où l’importance d’expirer lorsqu’on remonte, afin d’éviter que nos poumons explosent !

La soirée est studieuse, nous avons encore d’autres vidéos à regarder pour la partie théorique du PADI, qui donne lieu à un examen à la fin du stage. Il faut donc être un minimum studieux !

Jour 2 : mer

C’est le grand jour : on va plonger en mer ! J’ai une petite appréhension au moment de plonger, bien vite remplacée par un sacré vertige. L’eau est incroyablement claire et on voit le sable au fond, cinq mètres plus bas.

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Je suis hyper stressée, il y a tellement de choses à faire en parallèle : palmer les jambes bien tendues, lever les jambes pour ne pas abimer le corail au fond, respirer par la bouche (!!), se stabiliser, lever la tête pour tenir une bonne position…
En plus, j’ai un souci avec mon lest et après une respiration un peu profonde, me voici à m’envoler vers la surface ! Je panique un peu parce que comme je le disais au dessus, plus je vais monter, plus l’air de mes poumons va se dilater et plus je vais être entrainée vers le haut… avec le risque d’exploser !
Heureusement, Renaud et Bigfoot s’aperçoivent de ma conversion en ballon et me rattrapent pour me ramener au fond.

Malgré tous ces soucis et les milliards de choses auxquelles je dois penser pour « bien » plonger, je prends quand même le temps de contempler mon environnement. Il y a des poissons partout, dont Renaud nous montre les noms sur ses plaquettes (waterproof), c’est totalement dingue.
Et surtout, on pénètre dans l’épave de l’USAT Liberty, un navire torpillé en 1942 devenu un lieu privilégié pour la faune et la flore sous-marine.
Pour moi qui adore l’urbex et les endroits abandonnés, c’est irréel de se trouver au milieu d’une épave pareille !

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La plongée se termine et nous devons à nouveau faire les exercices réalisés la veille en piscine.
Ça n’est pas aisé, mais j’y parviens. J’ai quand même eu un énorme coup de stress lorsqu’il s’est agit d’enlever le gilet en pleine mer, sachant qu’il y avait cinq mètres d’eau sous moi qui n’attendais qu’une erreur de ma part pour m’engloutir et … bref, j’étais pas hyper à l’aise hein.
On sort enfin de l’eau, je suis rincée alors qu’on y a passé à peine plus d’une demi-heure.

Après un peu plus d’une heure de pause, on y repart. Je suis nettement moins emballée, la fatigue commence à se faire sentir. De plus, je souffre régulièrement de crampes, qui nous ralentissent.

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Et puis à un moment c’est la panique, j’ai une crampe et de l’eau dans mon masque, ça fait trop de choses à gérer pour mon cerveau. J’oublie de lui dire de respirer par la bouche (j’ai un cerveau lent) et par réflexe, je respire par le nez, ce qui me fait avaler de l’eau à CINQ MÈTRES DE PROFONDEUR JE VAIS MOURIR NOYÉE C’EST LA FIN AU SECOURS ! 
C’est grosso modo ce qui s’est passé dans ma tête en un quart de seconde, j’ai donc fait le signe qui indiquait que je voulais stopper la plongée (ce qui allait de toute façon se produire, notre instructeur ayant bien compris que je n’allais pas très bien ^_^)

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Après la pause déjeuner, on reprend la partie théorique et je passe l’examen avec 98% de bonnes réponses, yeah 😀
Malheureusement ça ne servira pas à grand-chose parce qu’au moment présent,  l’idée de retourner sous l’eau me fait horreur. Je laisse donc Bigfoot profiter de la dernière plongée et je retourne à des activités moins périlleuses : la lecture.

Jour 3 : plongée personnalisée

Je ne suis pas davantage motivée à retourner sous cinq mètres d’eau en ce matin ensoleillé, où on est si bien installé en lisant à l’ombre. Bigfoot a donc droit à une plongée totalement personnalisée, avant que nous reprenions la route pour Sanur, avec l’arrêt à Tirta Gangga.

Jour bonus : Nusa Penida

On avait convenu dès le départ que Bigfoot prendrait une journée de plongée supplémentaire, à Nusa Penida. Je craignais (à raison) de ne pas avoir envie de plonger davantage que le stage du PADI niveau 1 et cette excursion n’était de toute façon pas préconisée pour les débutants.

C’est donc avec deux autres plongeurs et notre instructeur Renaud que Bigfoot a profité de plusieurs plongées au large de l’île de Nusa Penida, réputée pour ses raies manta. Pas de chance, elles n’étaient pas au rendez-vous (mais d’autres raies, si). Par contre, ils ont eu l’occasion d’apercevoir des dauphins, ce qui est assez rare.

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En conclusion

Malgré mes péripéties, j’ai adoré la plongée. J’ai même hésité à m’inscrire en club une fois rentrée, mais d’autres projets (et un peu de flemme, ne nous leurrons pas) m’en ont empêché. 

Je pense toutefois que la version PADI n’est pas adaptée pour moi, qui aime comprendre et appréhender au mieux une pratique plutôt que de l’appliquer bêtement. Je ne me suis clairement pas sentie maitresse de ce que je faisais lors de mes plongées, ayant l’impression de faire aveuglément ce qu’on attendait de moi, sans savoir comment.

L’autre point qui a joué un grand rôle dans mon arrêt précipité de la plongée est la fatigue. En Indonésie, nous n’avons pas fait un voyage très reposant, avec nos excursions sur le Bromo et le Kawah Ijen qui ont bien entamé notre capital sommeil. Nos quelques jours à Gili nous ont permis de recharger les batteries, mais pas suffisamment pour aborder sereinement trois jours de plongée sous-marine, alors que l’eau n’est pas mon milieu de prédilection.

Heureusement, ces mésaventures ne m’ont pas dissuadé de renouveler l’expérience, mais peut être au cours de plongées baptêmes dans un premier temps, pour m’habituer.

Telys

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