[Indonésie] Le Mont Bromo

Il est 8h, nous sommes dans le hall de notre hôtel et nous attendons le mini-bus qui va nous emmener pour un périple (je pèse mes mots) vers l’Est de l’île de Java. Après un trajet interminable, nous allons voir le mont Bromo.

Le tour organisé

La veille, nous sommes allés à l’Office du Tourisme de Yogyakarta réserver un tour organisé de 3J/2N comprenant : le voyage jusqu’au mont Bromo, l’hôtel à Probolingo, l’excursion pour assister au lever du soleil et la montée du volcan Bromo, le trajet jusqu’au Kawah Ijen, l’hôtel et l’excursion jusqu’au cœur du volcan pour voir ses fameuses flammes bleues et enfin le trajet jusqu’à Ketapang, à la pointe Est de Java.

Nous avons payé 1 million de roupies/personne (environ 65€). Sachant que l’excursion jusqu’au Bromo était déjà à 850 000 rp/personne (environ 54€), ça nous semblait bête de ne pas prendre l’option Kawah Ijen.

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Je vous le dit tout de suite, ça n’était pas un tour grand luxe. La clim de notre mini-bus ne fonctionnait pas, les hôtels étaient miteux, la nourriture pas terrible, le personnel « encadrant » absolument pas serviable, mais ça n’était pas très cher et c’était l’option la plus rapide et la plus économique pour voir les deux volcans.

Les hôtels sont tous sensiblement les mêmes, mais je m’interroge sur la manière d’avoir un mini-bus mieux équipé, comme ceux qu’on a pu voir une fois au Mont Bromo. Si jamais vous avez fait ce genre de tour avec un de ces bus grand luxe, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour me dire où vous avez réservé.

Le voyage

Le voyage justement, parlons en.

Le mini-bus débarque à notre hôtel à 8h15, et continue de faire le tour des hôtels jusqu’à ce qu’il soit complètement plein. Nous serons 11, en plus du chauffeur. Deux belges flamands sympathisent immédiatement avec une hollandaise et les deux italiennes restent ensemble. Les 6 autres sont français, nous compris. Un autre jeune couple n’est visiblement pas à la fête, le monsieur fait clairement la gueule et sa compagne n’a pas l’air d’avoir envie de discuter. Nous sympathisons donc avec un couple d’amis qui font le voyage ensemble. Ils ont la vingtaine et on découvre bien vite qu’ils viennent…de Bordeaux ! Le monde est définitivement tout petit !

Le trajet est long, très long. On papote, j’écoute de la musique ou des podcasts, je regarde le paysage… Le bus s’arrête à un restaurant pour déjeuner. Le ton est donné et on comprend bien qu’on n’aura pas la liberté du choix au cours du périple.
Après un début de rébellion de la part des voyageurs, on s’arrête au bord de la route pour que le chauffeur tente de réparer la clim mais c’est peine perdue. Mon éventail est devenu mon meilleur ami.

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Notre carrosse

Vers 21h, alors qu’on se croyait condamnés à rouler sans but pour toujours, on s’arrête enfin. Et là, on a l’impression d’être propulsé dans la 4ème dimension. On comprend qu’on est à l’ « agence de voyage » (les guillemets sont de rigueur), soit une grande pièce avec un bureau, une table crasseuse et quelques vieux plans du Bromo au mur. On nous explique la suite des événements (on se fait déposer à l’hôtel choisi, lever à 3h, lever du soleil puis grimpette sur le volcan). Derrière le bureau, on constate que l’agence est tenue par un borgne et un bossu, et lorsqu’on repassera le lendemain, on verra aussi un cul de jatte. J’ai pas osé faire de photos, mais ça me semblait être le lieu de prédilection des COTOREP locaux.

Commence alors un micmac d’échange de tickets que nous avait remis l’Office du Tourisme de Yogyakarta, que le bossu nous échange contre d’autres tickets. On ne comprend rien mais on se laisse porter. C’est ici qu’on paye également le droit d’entrée dans le parc national du Bromo : 220 000 roupies/personne (14€)

Nous sommes ensuite conduits dans la supérette de l’enfer : il n’y a aucun prix. Ça sent clairement l’arnaque pour touristes, et notre intuition est confirmée quand on nous demande 20 000 roupies (1,28€) pour une bouteille d’eau et un paquet de gâteaux.

On nous entasse dans un nouveau véhicule aux sièges en bois vaguement recouverts de tissu. Le concept de ceinture de sécurité est quelque chose de très abstrait là bas. Les bagages vont sur le toit. Ça sent la poussière, la saleté et l’essence à plein nez. Sujette au mal des transports, après ces 13h de route je n’en peux plus et  j’ouvre les fenêtres en grand pour ne pas me sentir mal. Il fait super froid, parce qu’on monte en altitude, et ça veut dire qu’en prime, la route est en lacets !

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Le véhicule de l’enfer

L’hôtel

A 23h, le trajet de l’enfer est enfin terminé, on est à notre hôtel. C’est moche, ça caille mais c’est plutôt propre. Les serviettes et le savon sont même fournis. Après un rapide débrief avec nos camarades de bus le lendemain, on se rend compte qu’on a fait le bon choix parmi les options qui nous ont été proposées à l’office du tourisme (cf la brochure plus haut). Certains ont dormi sans couverture ou ont dû se doucher à l’eau froide par 15°C.

On se douche (à l’eau chaude), on mange quelques carrés de chocolat avec du pain de mie (parce que non, on ne s’est pas arrêtés pour diner !) et à minuit, enfin, dodo.

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Le lever du soleil sur le Mont Bromo

Dodo, mais pas pour longtemps puisqu’on est réveillés à 3h. Pourquoi si tôt, on l’ignore, puisqu’on ne part qu’à 4h. Et là, surprise, dans notre Jeep on retrouve les deux Français âgés qui nous avaient marqués (on va le dire comme ça) lors du lever de soleil sur Borobudur. On apprend alors qu’ils ont fait le trajet Yogyakarta-Bromo en train, et sont effarés de constater qu’on a fait treize heures de bus à la place.

Le véhicule démarre, et c’est un déferlement de Jeep et de motos qui pétaradent (l’écologie semble être inconnue au bataillon) jusqu’au point de vue duquel, avec plusieurs centaines d’autres personnes, on pourra contempler le lever du soleil sur le volcan. C’est très beau, mais la foule nous gâche totalement le plaisir.

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J’ai envie d’assassiner quelques chinois qui me poussent pour faire des selfies à la con. C’est dommage, car c’est vraiment très beau. Le Bromo est le volcan duquel s’échappe la fumée. Plus que le lever du soleil en lui même, j’ai trouvé vraiment magnifique la brume qui s’enroule autour des volcans, tel un fleuve de nuages.

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On s’était bien couverts pour l’occasion, ayant lu que l’altitude et la nuit faisaient chuter drastiquement les températures, mais on a eu plutôt (très) chaud que froid. Je pense qu’il faisait aux alentours de 15°. L’effort physique de la montée jusqu’au point de vue suffit largement à réchauffer.
Une fois le soleil levé, inutile de vous dire que les températures remontent en flèche.

L’ascension du Mont Bromo

On redescend et on reprend la Jeep pour traverser la caldeira, cette immense dépression circulaire qui entoure le volcan. L’endroit a un côté lunaire.

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On s’approche à pieds du volcan : l’ambiance « on a marché sur la Lune » est encore plus forte.

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L’ascension se fait via des escaliers taillés dans la roche. C’est assez raide mais totalement accessible avec une bonne paire de baskets (même si certains le font en tongs !). La distance entre les Jeep et les escaliers n’est pas énorme. Pourtant, on vous proposera de la parcourir à dos de cheval (moyennant finances, forcément)

Arrivés en haut, je me rends compte que la situation est complètement dingue : je suis sur un volcan en activité ! Le grondement est terrible, je ne m’attendais pas à un tel vacarme. La vapeur d’eau projetée provient de l’eau qui rentre au contact du magma, sous terre.

Une mince rambarde de bois nous retiens à peine de tomber dans le cratère. Mon vertige et moi ne sommes pas très fiers, d’autant que l’endroit est assez bondé.

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Malgré tout, je resterai bien là toute la journée. Malheureusement, au bout d’une demi-heure il faut repartir pour ne pas manquer la Jeep qui nous ramènera à notre hôtel.

Après un petit-déjeuner indonésien à base de riz, c’est reparti. On embarque dans le bemo et direction un autre volcan, le Kawah Ijen !


Infos Pratiques

  • Tour organisé de Yogyakarta à Ketapang : entre 710 000 et 980 000 roupies
    • Option Kawah Ijen avec ascension de nuit pour voir les flammes bleues : 150 000 roupies

Telys

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