[Japon] – Calme et volupté au Mont Fuji

Avant-dernière étape de notre périple : le Mont Fuji.

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Tout d’abord, il faut souligner l’implication de cet employé de la compagnie JR, qui a écouté notre souhait d’aller d’Hiroshima à Kawaguchiko, a sorti un pavé digne d’un annuaire, a regardé quelques pages, tracé des routes avec son doigt et nous a établi notre périple.
Moi qui pensais (naïvement) qu’on allait faire un Hiroshima-Kyoto-Tokyo avant de repartir dans l’autre sens vers Fuji, raté. Ça ne marche pas comme ça au Japon, on ne vous fait pas perdre votre précieux temps, on vous customise un itinéraire personnalisé (HEIN LA SNCF ?).

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Par contre, l’inconvénient c’est que ça nous a pris la journée…

Et puis lorsqu’on avait commencé à réserver nos hôtels, on avait repéré un endroit qui semblait parfait sur le site de Booking et le temps de se décider, il n’y avait plus de chambres aux dates souhaitées. On avait donc réservé ailleurs et j’allais toutes les heures régulièrement vérifier si une chambre s’était libérée. Et à un mois du départ, paf, une chambre de libre !

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C’est en arrivant à l’hôtel qu’on s’est rendus compte qu’on avait eu un bol monstrueux parce que des chambres, il n’y en avait que… trois. En effet, l’hôtel a pour vocation première de fournir des suites privés ultra luxueuses à des prix indécents (~500€ la nuit) mais ils proposent également des chambres dans le bâtiment principal qui n’est, de fait, pas très grand. Et pour un peu moins de 50€/personne, vous avez une chambre de plus de 30m², avec futons, bouilloire et thé à disposition mais surtout une chance sur trois d’avoir comme nous, la vue sur le Mont Fuji !

Donc pour info, c’était le Fuji Onsenji Plaza Inn. Il est parfait, les employés sont au petit soin pour vous, bref c’est le rêve, à deux détails près :

  • Il est loin de la gare. Ne faites pas comme nous, renseignez vous sur les horaires de bus ou prenez un taxi.
  • Il n’y a pas de restaurant dans l’hôtel et il est un peu loin des endroits où manger. On a testé un genre de cafétéria, pas terrible mais ça nourrit, il y a un 7/11 près de la gare si vous voulez faire du stock et on vous donne une bonne adresse au bas de cet article.

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Le programme était le plus simple possible : repos. Après 16 jours à crapahuter, visiter, marcher, explorer, on ne rêvait que de calme, de grasses matinées et de dormir.

On a quand même fait un tour du lac de Kawaguchiko, mais en pleine semaine c’était désert, voire même un peu mort. En plus, il ne faisait pas très beau (mais il ne pleuvait pas, alors on s’est estimés chanceux).

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On a surtout profité du principal intérêt de l’hôtel (quand vous n’avez pas 500€ à débourser pour une suite) : l’accès au onsen.

Ces bains japonais sont alimentés par des sources d’eau chaude, très chaude, aux alentours de 40°. La particularité, c’est qu’on y va complètements nus (vous imaginez donc bien que les photos ne sont pas de moi mais des sites de réservation type Booking) Les hommes et les femmes sont bien sûrs séparés, alors voila que je me retrouve toute seule dans une pièce avec des paniers en osier. Ah oui, c’est vrai qu’on est au Japon et qu’on ne nous volera rien. Je me déshabille et je garde la (très) petite serviette avec moi : elle sert à faire semblant de se couvrir le corps quand on circule dans le onsen (parce que bon, franchement, je dépassais de partout).

Première étape : se doucher. Le onsen est un bain destiné au repos et à la relaxation, pas à se laver. Il faut donc y entrer déjà propre. Pour cela, on a de minuscules tabourets devant des miroirs, avec des douches et tout le nécessaire (gel douche, shampooing et après-shampooing). Et là, premier problème : où je met cette foutue serviette ?

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Vous voyez les douches, à gauche

Une fois propre, je décide de tester le bain principal. Là encore, je ne sais que faire de la serviette, que je finis par poser sur les marches… Le onsen féminin était magnifique et très bien pourvu : un bain principal intérieur et extérieur, un jaccuzi et trois bains extérieurs dans des espèces de tonneaux géants.
Chez les hommes, il y a « seulement » un grand bain intérieur et trois petits bassins extérieur.

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C’était très agréable car il n’y avait qu’une seule autre femme, et quand nous y sommes retournés un soir (de nuit, magnifique), il y avait deux allemandes et une asiatique avec qui j’ai brièvement discuté.
Je dois avouer que ça ne me pose aucun problème de me balader nue devant d’autres inconnues, mais je comprends que ça puisse en rebuter. Dans ce cas, vous pouvez parfois louer des onsen privés. C’est pratique si vous souhaitez y aller en couple, ou si vous avez des tatouages : on n’y pense pas, mais les tatouages sont associés à la mafia au Japon, et la moindre parcelle de peau encrée vous interdira l’accès au onsen. Certains sont plus complaisants et tolèrent les petits tatouages recouverts d’un pansement, mais il faut bien se renseigner avant.

On avait également accès à une salle de repos fort sympathique, avec vue sur les jardins.

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Dans son onsen, Bigfoot a vu des affiches pour un massage shiatsu. Nous avons réservé à la réception et à l’heure dite, un petit vieux et une petite vieille sont arrivés dans notre chambre. Vous voyez les massages relaxants où vous êtes trop biens, et vous sentez que vous allez vous endormir ? Et ben c’est pas ça. Pas ça du tout même !
Ces petits vieux nous ont tout bonnement fait ce que seul un kiné en France serait habilité à faire, à nous malaxer (fort), nous frictionner (fort aussi) et même nous taper (fort) dans le dos avec la tranche des mains comme dans les films. Mais le truc, c’est qu’ils étaient super doués : mon mal de cou a disparu aussitôt et mes courbatures dans les mollets se sont évanouies.
Quand même, on s’est dit « heureusement qu’on a pris la version 30 minutes et pas celle d’une heure » !

Le soir, nous sommes allés dans un restaurant dédié à une spécialité japonaise : le hotou. C’est un genre de pot au feu, avec beaucoup de légumes mais aussi de la viande et des nouilles, bref de quoi se caler pour deux jours.

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C’est là qu’on a découvert que les japonais sont de gros tricheurs ! Il y a parfois des trous dans le sol sous les tables, et vous êtes en réalité assis tout à fait normalement, les jambes dans le trou.

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Du coup, le repas était plus agréable parce que j’avoue que j’ai vite des fourmillements dans les jambes quand je suis assise en tailleur.

Le lendemain, on est retourné à la gare pour découvrir qu’il existe des bus qui font la liaison jusque Tokyo. Ça coûte le même prix que le train mais il n’y a pas de changement alors banco.
La dernière série d’articles sera donc consacrée à notre exploration de Tokyo, avant de clore définitivement ce chapitre japonais *tristesse*

Telys

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