[Japon] – Hiroshima, ville de la Paix

Hiroshima étant repartie sur des bases neuves en 1945, la ville possède de larges avenues et est très aérée. C’est radicalement différent des autres villes du Japon qu’on a pu voir jusqu’à présent. Même s’il y a de petites rues moins passantes, on est loin des minuscules allées qu’on a empruntées à Tokyo ou Kyoto.

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L’impression d’espace est renforcée au centre de la ville, dans le Parc du Mémorial de la Paix, un immense ilot de verdure en plein centre d’Hiroshima entièrement consacré à…la Paix. Ouvert en 1954, il comporte un grand nombre de bâtiments dédiés à la commémoration des victimes.


On y trouve par exemple le Monument de la Paix des Enfants, en mémoire de Sadako Sasaki. Cette petite fille âgée de deux ans lors de l’explosion de la bombe atomique a développé une leucémie 9 ans plus tard.

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Comme un légende japonaise veut que quiconque confectionne mille grues en origami voit un vœu exaucé, elle s’est attelée à la tâche mais n’a pas pu finir à temps… Depuis, des enfants du monde entier plient des grues et les envoient à Hiroshima.

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Au sommet du mémorial, on trouve une statue de Sadako Sasaki portant une grue.

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En allant vers le Musée, on voit ensuite la Flamme de la Paix qui brûlera jusqu’à ce que toutes les armes nucléaires aient disparues de la surface de la Terre. Autant dire qu’elle ne s’éteindra pas de sitôt. La sculpture « contenant » la Flamme représente deux mains jointes au niveau des poignets

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Dans l’alignement de la Flamme et du Dôme, on a le Cénotaphe (=tombeau vide, dressé à la mémoire et en l’honneur d’un mort, contrairement au mausolée qui contient le corps) du Parc de la Paix.

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L’entrée du Musée du Mémorial pour la Paix ne coûte que 50 yen (5 centimes d’€ !). Le Musée en lui-même est très intéressant et permet d’abord de mieux comprendre comment et pourquoi la bombe a été lancée. Pour une fois dans ce genre de musée, on n’a pas le gentil pays persécuté et le grand méchant pays dévastateur, et le Japon reconnait bien avoir lancé les hostilités avec Pearl Harbor. Quand même, il met tout de même en doute la volonté des Etats-Unis d’avoir vraiment voulu arrêter la guerre avec un traité de capitulation amputé d’une partie cruciale, forçant les Japonais à le refuser alors qu’ils voulaient bien se rendre (mais l’article Wikipédia explique ça beaucoup mieux que moi)

Du coup, le 6 août 1945, à 8h16, la bombe explose.

On peut ensuite voir les conséquences de cette explosion, notamment en touchant des matériaux d’époque (tuiles, cheminées) endommagés, mais qui ne sont heureusement plus radioactifs. On découvre l’histoire de plusieurs enfants dont la vie s’est arrêté à ce moment, au travers d’objets retrouvés par la suite dans les décombres. Il y a des explications scientifiques sur les maladies développées par les habitants dans les années qui suivent, et à cette occasion on a l’histoire détaillée de Sadako Sasako.
On peut même lire la copie des lettres envoyées par le maire d’Hiroshima à chaque responsable de gouvernement lorsqu’un pays lance un essai nucléaire. Certaines sont adressées à Barack Obama, d’autres à Jacques Chirac et d’autres encore à Kim Jong-il (mais je suis pas bien sûre qu’il se soit senti très concerné).

Bref, le musée vaut le détour, mais attention toutefois à quelques photos de grands brûlés post-explosion que j’ai trouvé un peu difficiles, bien qu’intéressantes : les radiations ont été absorbées par les parties foncées des tissus, provoquant des lésions, au contraire des parties claires.

Après une visite pareille, ça fait du bien de se retrouver au soleil et au grand air. Mais nous n’en avons pas terminé avec le bombardement atomique puisque nous allons nous rapprocher du fameux Dôme de Genbaku. Initialement, c’était le Hall de la promotion des Industries de la Préfecture d’Hiroshima mais en 1945, il abritait des bureaux.

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L’explosion a eu lieu à 130m du bâtiment. Il fait parties des rares à être resté debout grâce à sa structure de briques et de métal, alors que les bâtiments en bois (courants au Japon, surtout à cette époque) ont été rasés sur 2km.

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Le Dôme a été consolidé et entretenu, afin qu’il ne s’effondre pas. On peut voir la différence entre les murs exposés au bombardement, et ceux de l’autre côté (non ce ne sont pas des traces sales)

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Devant -non exposé

Derrière - exposé

Derrière – exposé

Bien sûr, le château d’Hiroshima a été rasé au passage. Sa reconstruction est donc en béton, comme à Osaka. Mais c’était amusant de se rendre compte qu’il est vraiment tout petit, par rapport aux châteaux que nous avons déjà vus.

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Dans le parc du château, beaucoup de familles célèbrent Hanami sous les cerisiers. Hanami, c’est la coutume traditionnelle japonaise d’apprécier la beauté des fleurs. C’est l’occasion de se retrouver en famille ou entre amis, sur de grandes bâches où on enlève ses chaussures avant de s’y assoir (et oui !), et de pique-niquer. Il existe des variantes avec les pruniers et les abricotiers.

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On trouve également ici un arbre qui a survécu au bombardement.

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La pluie arrive et la nuit tombe, nous retournons donc à notre ryokan. Adieu AirBnb, nous changeons de mode d’hébergement : retour à l’auberge japonaise (ryokan). Contrairement à Tokyo où nous étions dans une version modernisée (frigo et toilettes dans la chambre, porte d’entrée, déco design) du ryokan, le Chizuru Ryokan est tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Malgré tout, l’expérience aurait pu être meilleure si nous n’avions pas été dans une chambre en bout de couloir, qui captait mal le wifi, près des toilettes (donc bruyant), avec une porte classique au lieu des panneaux coulissants en papier de riz. Il y a également une seule salle de bains pour tout l’établissement, prise d’assaut le matin, on vous conseille donc de vous doucher le soir.

Heureusement, le ryokan est extrêmement bien situé : en plein centre, à quelques minutes de marche du Dôme et du Musée du Mémorial pour la Paix.

Il est malheureusement un peu plus loin de la gare (on ne peut pas tout avoir ^_^), ce qui nous obligera à nous lever un peu plus tôt le lendemain pour aller visiter l’île de Miyajima, mon gros gros coup de coeur du séjour !

Telys

7 Comments

  1. La vison d’Hiroshima en vrai doit vraiment être impressionnante et bouleversante…
    Pour ma part je n’irai pas découvrir cette ville lors de mon premier voyage. Mais il est bien sur impensable pour moi de ne pas y mettre les pieds, j’attends donc mon prochain voyage au Japon pour aller m’imprégner de cette violence et de la tristesse de cet endroit.

    • Etonnament, en dehors du Parc de la Paix et des monuments en commémoration de la bombe, j’ai trouvé Hiroshima très vivante et agréable à vivre. Ca n’était pas aussi oppressant que ce à quoi je m’attendais. Vu qu’ils sont repartis de zéro, la ville est vraiment aérée et claire, les avenues sont super larges, et rien ne nous rappelle à chaque coin de rue ce qu’il s’est passé il y a 68 ans.
      Mais même si le musée et les monuments sont bouleversants, j’ai eu le sentiment que ce qui ressortait est cette envie d’aller vers l’avant et de promouvoir la Paix. Je pense que c’est très lié à la culture japonaise, et que ça ne se serait pas passé de la même façon en France.

      • C’est exactement ça! j’ai eu le même sentiment. Le japon a vraiment cette culture de mémoire mais de ne pas se laisser abattre, ni pleurer sur leur sort. Ils vont de l’avant. Pour Hiroshima ils se sont très rapidement remis sur pieds. Et la ville m’a fait le même effet que toi.

  2. La ville est très belle et je dois dire qu’on ressent bien le poids de l’histoire quand on est à côté du dôme.
    Quand au musée, c’est le plus insoutenable que j’ai pu visiter, il a même fallu que je me retire à plusieurs reprises pour ne pas me laisser aller.

    Quoiqu’en dise, déjà que la guerre est la pire invention de l’homme, absolument rien ne peut justifier de s’en prendre à des civiles.
    C’est le mépris le plus totale de l’humanité et ce n’est en rien différent de ce qu’ont fait les nazis.
    Désolé d’entendre l’excuses américaine mais pour ne pas faire exploser 2 villes entières ils voulaient bien plus qu’une capitulation ( je ne vais pas en dire plus parce qu’il y a google pour ça) et la vérité c’est qu’ils « mourraient » d’envie de lancer leur bombes quoiqu’il arrive.

    D’ailleurs ça se saurait s’ils avaient quelque remord, puisqu’ils sont entré dans une course à l’armement si effrénée que la bombe atomique a été vite dépassée, et de loin, par des bombes bien plus terrible.

    PS : désolé d’avoir été un peu trop dans le vif sujet, c’était dur de ne pas en parler.

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