[Japon] – Les pieds dans l’eau au château de Nijō puis rencontre avec les geiko (geisha)

On a bien fait de profiter de la journée de la veille pour visiter les lieux emblématiques de Kyoto parce qu’au réveil, il pleut déjà à verse. Il parait alors logique de visiter quelque chose en intérieur, et c’est ainsi qu’on arrive au château de Nijō (Nijō-jō)

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Il a été construit en 1603 et couvre 275 000 m², soit 27,5 hectares. Même si on est loin des 815 hectares du château de Versailles, il faut se représenter que le château de Nijo est en pleine ville.

Je ne vais pas vous narrer l’historique du château pour la bonne raison que je ne le connais pas, et que ça ne m’intéresse pas (pour le moment). Ce qui me fascine, c’est plutôt le choc des cultures. En effet, un château japonais n’a rien en commun avec nos châteaux européens à la même époque : là où nos ancêtres construisaient au sommet de collines des bâtisses imposantes en pierre, les châteaux japonais sont bas et surtout en bois. Ça explique pourquoi il reste extrêmement peu de châteaux d’époque et que la plupart sont des reconstitutions en béton.

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Pour info, le plus emblématique des châteaux historiques est celui d’Himeji. Mais comme il est au milieu d’un plan de rénovation très important, nous avions décidé de ne pas perdre de temps à le visiter à moitié bâché. Sa réouverture complète est prévue en mars 2015, ça sera peut-être le moment de penser à retourner au Japon 😉

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A l’intérieur du château, pas de chaussures, pas de photo et pas grand-chose en réalité. Loin, très très loin des décors ostentatoires des châteaux de la Renaissance, au Japon on fait dans la simplicité et l’épuré.

Les couloirs sont bordés de parois coulissantes en papier de riz (opaque, donc) et donnent une impression étrange de luminosité sans qu’on puisse voir l’extérieur. Ils encadrent les diverses salles…vides. Elles sont parées de tatamis au sol et de peintures murales dorées, mais point de commode Louis XIV ou de causeuse rococo ici. Plus on avance vers le cœur du château, plus les gens qui étaient reçus dans ces pièces sont importants, et plus les salles en question sont richement décorées.

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Le plan du château (issu du dépliant de la visite)

La règle interdisant les photos semble soigneusement respectée mais vous pouvez voir un aperçu des peintures murales ici, ou là (3ème et 4ème images) et ici (image du haut). Tout en bas de cet article, vous apercevez la reconstitution d’une visite au shogun.

Tout au long de votre visite, vous entendez des bruits entre le grincement et le sifflement ? C’est normal, il s’agit du parquet « rossignol », prévu pour émettre un son à chaque pas, de façon à entendre un potentiel ennemi et/ou assassin approcher.

La paranoïa régnait en maitre à l’époque (en même temps, normal au pays des ninjas, non ?) puisque les gardes du shogun était situés dans une pièce dont les portes donnent directement sur l’estrade royale. Parce que vous ne croyiez tout de même pas que le shogun était au niveau du peuple ?
Sur le lien donné un peu plus haut (allez, je le remets), on distingue les pompons rouges signalant les portes d’accès aux gardes C’est un peu l’équivalent de notre « ne pas stationner, accès pompiers » :p

On a terminé la visite par une balade dans les jardins, malgré la pluie, afin de profiter un peu des cerisiers en fleurs.

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Concernant l’extérieur du château, il est entouré de deux parois de fortifications, chacune d’entre elle entourée de douves profondes.

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Le plan des enceintes du château (issu du dépliant de la visite)

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Je ne sais plus pour quelle raison précise nous sommes ensuite allés au temple Chion-In, mais la pluie et le vent nous ont poussé à ne pas nous attarder, malheureusement.

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On a ensuite parcouru les arcades couvertes proches du quartier de Gion et à la faveur d’une accalmie, nous sommes allés découvrir ce district historique. Quand soudain, au détour d’une rue, dans une cour intérieure où de grosses berlines venaient se garer, on devine qu’il se vend des places pour un spectacle. Je ne sais pas exactement comment on a compris ça, l’instinct sans doute. On rentre et on essaye de comprendre mais c’est écrit en japonais. Tout ce qu’on peut voir, c’est qu’il y a quelques geishas là, à dix mètres de nous.

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L’affiche du spectacle

Bigfoot m’explique que lors de son premier voyage, il a assisté à un spectacle qui présentait plusieurs facettes de la vie japonaise traditionnelle (cérémonie du thé, théâtre no, etc…) et que ça a l’air d’être du même ordre. Je dis banco, on paye 40€ par personne en croisant les doigts pour que ça soit sinon bien, au moins pas trop moisi, et en avant.

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La petite enveloppe qui contient les billets

On commence par s’entasser faire la queue parce qu’à ce prix, on peut assister à la cérémonie du thé avec des geishas. J’ai personnellement été très déçue par ce moment : il y a deux geisha sur une estrade en train de touiller du thé, 100 personnes assises dans la pièce en train d’avaler un bol de thé vert et un morceau de gâteau (Manju) et hop, tout le monde dehors, au groupe suivant. Bref, ok on voit des geishas (même s »il y en avait dix minutes avant devant la porte…) mais surtout : c’est l’usine. Point positif : on a pu garder les assiettes sur lesquelles étaient servis les gâteaux.

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On rentre ensuite dans la salle de spectacle et là…

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Alors on a su après coup que c’était Miyako Odori, la Danse des Cerisiers. C’est un des spectacles de geishas les plus connus, qui date de 1872 ! En tout cas, on a aucun regret à avoir tenté l’aventure. Si vous partez avec un budget serré, essayez de prévoir quand même un peu de marge pour ce genre d’extra qu’il serait extrêmement dommage de manquer.

Et depuis, j’ai Mémoires d’une Geisha au programme de mes lectures 😉

Telys

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